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« Cela ne sert à rien d’être champions du monde » : la lettre jamais écrite par le sélectionneur uruguayen, Oscar Tabarez

« Cela ne sert à rien d’être champions du monde » : la lettre jamais écrite par le sélectionneur uruguayen, Oscar Tabarez

Une lettre apocryphe attribuée au sélectionneur de l’équipe uruguayenne circule sur les réseaux sociaux de part et d’autre de l’Atlantique. Elle est inventée de toutes pièces.

Le Monde
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Par Anne-Sophie Faivre Le Cadre

C’est une lettre édifiante, partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Un plaidoyer en faveur de l’éducation attribué à Oscar Tabarez, le sélectionneur de l’équipe de football uruguayenne. « Cela ne sert à rien d’être champions du monde si nos jeunes ne savent pas où est située la Russie ou pourquoi il y a autant de jeunes originaires d’Afrique dans la sélection française. Il serait temps de tenir la promesse d’atteindre 6 % du PIB en faveur de l’éducation publique », lit-on depuis le 27 février dans divers médias français, italiens ou sud-américains.

Pourquoi c’est faux

Mais, toute inspirante soit cette phrase, le sélectionneur de la Celeste ne l’a jamais prononcée. Le démenti n’est pas venu de Tabarez lui-même – qui est absent des réseaux sociaux – mais de sa fille, Tania Tabarez, journaliste pour la chaîne uruguayenne TV Ciudad. Le 25 juin, cette dernière a publié sur Twitter un message pourfendant la rumeur, avant d’indiquer aux sites qui l’avaient partagée que cette lettre – contenant de nombreuses fautes d’accord – était apocryphe. :

« Si vous inventez une lettre de mon père, pourriez-vous au moins faire en sorte qu’elle ne contienne pas de fautes d’orthographe ? Ne partagez pas sans vérifier. »

Il est en effet difficile d’imaginer qu’Oscar Tabarez commette des fautes d’orthographe : avant d’être sélectionneur de l’équipe uruguayenne de football, celui qui a mené la Celeste jusqu’aux quarts de finale était maître d’école en primaire – des fonctions qui lui ont valu le surnom de « Maestro ».

Trop tard : la fausse lettre avait déjà fait le tour du monde, voyageant dans des milliers de messages sur les réseaux sociaux, mais également sur des sites d’information français – à l’instar de So Foot ou de Yahoo Sport. On en retrouve également trace au Brésil, ou sur des sites d’information italiens.


Le site argentin Contrapoder, qui avait été l’un des premiers à diffuser l’information, a depuis publié un article rectificatif. « Nous ne pouvons que nous excuser d’être tombés dans le même piège que tant d’autres médias, qui ont reproduit la lettre en pensant qu’elle était authentique », précise le démenti.

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